L'avenir du japonais à Vauréal et dans le 95

Résumé : Février 2008, l'Inspection académique nous annonce le projet de suppression du poste de japonais au lycée C. Claudel de Vauréal, alors que le nombre d'élèves est en pleine expansion. Les parents ont demandé de revenir sur cette décision. Des contacts ont été pris avec des responsables politiques (sans aucune réponse), des universitaires (plusieurs réponses, dont l'université de Cergy-Pontoise) et avec les enseignants de japonais en France (qui ont été nombreux à nous soutenir). Le proviseur est lui-même intervenu à notre demande auprès du rectorat d'académie. Depuis, le poste est officieusement "maintenu", mais pour 9h/semaine et probablement sans titulaire. Nous assistons donc à une régression inadmissible de cet enseignement, contraire à la demande croissante, à l'intérêt des élèves, des familles et du département. Depuis plusieurs années, le rectorat de l'Académie de Versailles a supprimé progressivement le japonais du collège puis en LV2 au lycée. Il ne reste plus aujourd'hui que les LV3, avec un avenir incertain. Les parents doivent rester mobilisés pour que soit rétabli un poste complet (18h), qui correspond à la demande et aux besoins réels. Voir les nouvelles au 6  juin 2008.

Une suppression progressive depuis trois ans

A l’occasion du 150e anniversaire en 2008 des relations franco-japonaises, les propositions de dotation horaire globale pour 2008 du lycée Camille Claudel de Vauréal – seul lycée du Val d’Oise et l’un des rares d’Ile-de-France à enseigner le japonais – conduisent à supprimer le poste permanent de japonais, déjà fortement fragilisé ces trois dernières années par la suppression du japonais LV2 au collège puis au lycée malgré le nombre important et croissant d’élèves.

Il est proposé au mieux de le remplacer par un poste provisoire, remis en cause tous les ans, assuré par des enseignants non titulaires (ne pouvant assurer plus de 200 heures) ou en heures supplémentaires. Et, à défaut de trouver un enseignant, c’est au pire qu’il faut s’attendre : la suppression de fait de cet enseignement en septembre 2008.

Les enjeux de l’enseignement du japonais à Vauréal

Or la demande est importante auprès de ce lycée, venant de l’Ouest parisien : sur 60 à 70 demandes annuelles, seules 25 sont acceptées. Des débouchés existent : un cursus de LEA anglo-japonais à l’université Cergy-Pontoise, le cursus des langues orientales à l’INALCO (Paris) ou dans plusieurs universités françaises, des contacts avec les 67 entreprises japonaises du Val d’Oise, d’autres avec celles du Japon dans le cadre des relations établies depuis 15 ans entre le pôle économique de Cergy-Pontoise et celui d’Osaka. De plus, l’actuel professeur de japonais, Monsieur Lamacq, anime un réseau franco-japonais inter-lycées irremplaçable (le réseau Colibri), dont fait partie le lycée japonais Kônan de Tours avec lequel les élèves du lycée de Vauréal ont des échanges, mettant le Japon à portée des bourses françaises. Des investissements importants ont été faits. La journée portes ouvertes du lycée, le 16 février 2008, a mis en valeur le japonais de façon exceptionnelle. La perte de ce professeur est énorme pour le lycée. La suppression de son poste laisse prévoir la suppression du japonais dans les mois qui viennent et obligent les élèves et leurs familles à changer de projet en cours de scolarité, malgré la très forte demande et les importantes perspectives d’avenir.

En outre, l’enseignement du japonais est une spécificité de haute qualification pour un département comme le Val d’Oise, et pour l’Ouest parisien, donnant aux élèves de zones sensibles et difficiles des raisons de plus de travailler et d’espérer dans le système éducatif. L’expansion de l’enseignement du japonais est une nécessité, comme le rappellent les organisateurs (AEJF) du 10e colloque sur l’enseignement du japonais en France (25 et 26 avril 2008) à l’université Lille-III.

Malgré la remise en cause de ce poste chaque année et sa suppression au collège La Bussie de Vauréal, la demande des familles en faveur des études japonaises est restée très forte. Doit-on supprimer une discipline parce qu’il y a trop de demandes ou parce qu'elle a trop de succès ? Si le nombre de professeurs de japonais est en baisse en France, ne faut-il pas trouver des solutions au lieu de faire une croix sur cette langue, à une époque de pleine expansion de nos relations avec le Japon ? Parmi ces solutions, il y a bien sûr la possibilité de faire appel à des professeurs ou lecteurs japonais ou étrangers, mais il y a aussi et surtout celle de rétablir un CAPES et une Agrégation de japonais pour tenir compte des nombreux diplômés de japonais des universités françaises, d’ailleurs en accroissement constant.

C’est une richesse et un avenir que l’on compromet par une décision qui semble fondée uniquement sur les économies budgétaires et l’absence de concours d’enseignement de la discipline. Cette décision déstabilise d’ores et déjà 70 élèves et leurs familles qui n’ont pas besoin de cela alors même que cette discipline était ouverte sur la vie active et des perspectives d’avenir.

Les besoins en enseignement de japonais du lycée

              Nous demandons par conséquent le maintien de ce poste de façon définitive, avec un professeur titulaire, et le développement de cette discipline en synergie entre le collège, le lycée et l’université, afin d’assurer à l’avenir un nombre d’heures suffisant pour les besoins de l’enseignement et pour la formation des élèves concernés.

Nous réitérons la demande déjà faite l’année dernière, permettant d’assurer un poste complet de 18h, avec éventuellement des heures supplémentaires :

  • ouverture d’une deuxième section en seconde LV3, soit 2 sections à 25 élèves (sur environ 70 demandes chaque année), avec horaire de 2 x 2h en classe entière et 1h dédoublée : 4 + 4 = 8.
  • une première LV3 à 35 élèves avec 1h dédoublée : 2 + 2 = 4
  • une terminale LV3 à 35 élèves avec 1h dédoublée : 2 + 2 = 4

TOTAL = 16h
         +    2h initiation au collège La Bussie
            18h

            Il paraît utile aussi d’envisager un enseignement d’initiation au japonais en BTS Commerce international comme en section de MANAA. Au lieu de ne plus répondre à la demande suscitée et d’arrêter en cours de route les investissements faits sur le japonais, il faut les faire fructifier dans les sections qui font l’originalité et la fierté du lycée. Il y a donc déjà assez à faire à Vauréal pour le titulaire d’un poste permanent.

         Le japonais est une spécialité transversale du lycée. L’enseignement de cette langue se répartit pour 2/3 en sections scientifiques et 1/3 en section littéraire. La perspective d’étendre cet enseignement au BTS-CI renforcerait sa spécificité au lycée. En outre, 30% des élèves de japonais viennent d’autres secteurs (Oise, Val d’Oise, Yvelines), favorisant la création d’un pôle régional de l’enseignement du japonais à Vauréal au moment où l’on supprime la carte scolaire.

            Nous regrettons néanmoins la disparition du japonais LV2, dont l’enseignement commençait dès le collège. La situation de l’enseignement du japonais s’est détériorée d’année en année à Vauréal pour des raisons uniquement budgétaires et de DHG, avec sa disparition progressive du collège, puis la disparition en juin 2008 du japonais LV2 au lycée, et les menaces qui pèsent sur le japonais LV3, alors qu’au contraire nos relations avec le Japon se sont accélérées de même que la demande des parents et des élèves. Autant dire que les élèves d’autres spécialités du lycée craignent maintenant pour l’avenir de celles-ci, puisque ce n’est pas la demande des élèves et des parents qui est respectée mais des considérations arithmétiques (DHG) et budgétaires qui sont imposées aux familles contre leur intérêt.

             Il nous semble que l’intérêt éducatif de nos enfants doit, sans restriction, fonder l'action du gouvernement, les objectifs professionnels des enseignants et les décisions budgétaires de l’Etat. Si, en septembre 2008, l’inspection confirme les restrictions de ces dernières années relatives à l’enseignement du japonais à Vauréal malgré l’importante demande des élèves et des familles, il pourrait ne pas y avoir de rentrée…

(voir quelques images des journées portes ouvertes du 16 février 2008)