Poste de japonais - dernières nouvelles (27-05-2008)

Publié le par camille

Au cours du Conseil d'administration du lycée, tenu le lundi 26 mai 2008, le proviseur Monsieur Thomas nous a confirmé le maintien en 2008-2009 du poste de japonais au lycée Camille Claudel, pour 9 heures d'enseignement par semaine (soit 3h pour la 2de, la 1re et la terminale).

Maintien du japonais au lycée C. Claudel de Vauréal (2008-2009)

Cette information n'a pas été confirmée aux parents par l'Inspection académique, malgré les motions votées et les courriers adressés.  ll s'agit donc d'une promesse du rectorat sur la base de laquelle le proviseur va préparer la prochaine rentrée. Pour le moment, nous ne considérons cette information que comme officieuse. Elle permet cependant d'aborder positivement la rentrée 2008-2009 en confirmant aux familles intéressées que l'enseignement du japonais sera assuré, quel que soit le statut du poste et de l'enseignant, et qu'il faut au contraire que les demandes d'inscription soient nombreuses afin de crédibiliser encore plus cet enseignement.

Il nous est reproché, à nous parents d'élèves de japonais, d'avoir fait part de nos inquiétudes et poussé ainsi des élèves à abandonner leur projet de s'inscrire en japonais au lycée Camille Claudel. Maintenant, le lycée doit rattraper notre "bévue"... Ce reproche, qui en outre nous infantilise, ne tient pas. D'une part, le maintien de l'enseignement est dû en grande partie à la mobilisation des parents et des élèves, suite à la publication du projet du rectorat d'académie de supprimer le poste de japonais à Vauréal. D'autre part, nous tenons à dire que cette situation est entièrement de la responsabilité de l'Education nationale :
  • - en 2004, unilatéralement, le rectorat décide de supprimer l'enseignement du japonais au collège (LV2);
  • - de ce fait, en 2007-2008, la dernière classe de LV2 au lycée atteint le bac ; il n'y aura plus de japonais LV2 au lycée;
  • - seul est conservé au lycée l'enseignement de japonais LV3, soit 9 h;
  • - ainsi le poste est réduit de moitié et devient alors moins "gérable" : fragilisé, il peut être supprimé à tout moment;
  • - depuis 2004, le poste est remis en cause chaque année par le rectorat : de ce fait le professeur demande sa mutation;
  • - février 2008, le rectorat informe le lycée de son projet de supprimer le poste d'enseignant de japonais...
Ces décisions ont été prises sans concertation avec les familles, alors que le succès de cet enseignement était grand et que la demande était largement supérieure aux places disponibles. Cependant, nous avons bien compris que l'administration du lycée, de même que le rectorat, ne font qu'appliquer les décisions ministérielles, parfois à contre-coeur car elles sont contraires aux intérêts éducatifs de l'académie et des familles, et aux intérêts économiques en particulier du Val d'Oise du fait de ses liens privilégiés avec le Japon.

On ne peut nous reprocher de mentir en faisant circuler les informations alarmantes provenant du rectorat, alors que nous signalons aussi les "promesses" transmises par le proviseur et qui n'ont été confirmées par aucun document officiel. Malgré la mobilisation des parents, il est normal que des familles prennent peur et changent de choix d'option : c'est semble-t-il
ce que veut le ministère, puisqu'il privilégie l'enseignement du chinois et ne veut pas assumer l'enseignement de deux langues asiatiques par souci d'économies budgétaires...

Nous devons rester vigilants

La vigilance est de règle. Toutes les décisions antérieures ont été prises contre l'intérêt des familles, et en particulier des élèves, et sans concertation.

On nous parle de maintien du poste de japonais. Cela est inexact. Il s'agit du maintien de l'enseignement. Il nous a été confirmé au Conseil d'administration du 26 mai 2008 que nous n'aurions plus de titulaire (si l'actuel professeur obtient sa mutation). Un poste sans titulaire n'est pas un poste permanent non susceptible de suppression. L'Etat n'ayant pas autorisé la tenue de concours de l'enseignement public en japonais (agrégation, CAPES), malgré le grand nombre de diplômés (en particulier avec doctorat) qui sont demandeurs, il n'y a pas de professeur disponible (certifié ou agrégé). Par conséquent, l'actuel professeur, s'il s'en va (ce qui semble se confirmer), sera remplacé par un enseignant contractuel, possédant un doctorat, compétent, mais non titulaire puisque n'ayant pu passer un concours de l'enseignement public...

Si l'actuel professeur reste en poste à Vauréal, les garanties pour la pérennité de l'enseignement du japonais sont à peine meilleures. En effet, cet enseignement n'est maintenu que pour 9h, soit un demi-poste. Or nous avons demandé qu'un poste complet soit maintenu et assuré par la création d'une autre classe permettant de répondre à la demande et par l'ouverture de l'enseignement à d'autres sections du lycée (par exemple, BTS Commerce international, MANAA...). Aucune position n'a été prise par le rectorat d'académie à ce sujet.

En résumé, nous avons obtenu :
  • - un demi-poste pour 2008-2009 : son avenir n'est pas assuré au delà;
  • - un enseignant contractuel (= vacataire), diplômé, dont le statut administratif n'est pas connu.
Nous n'avons pas obtenu :
  • - de conserver un poste de titulaire;
  • - de faire revenir ce poste à un plein temps effectif, comme c'était le cas en 2004;
  • - de permettre l'inscription en japonais de plus d'élèves hors secteur et sur le secteur (ne pas oublier que c'est le seul enseignement secondaire de japonais du département et des départements limitrophes).
Notre vigilance ne doit donc pas être silencieuse. Nous devons continuer 1) à promouvoir cet enseignement, 2) à en demander la pérennité sans remise en cause unilatérale chaque année pour des raisons uniquement budgétaires (dont l'absence de concours de recrutement fait partie).

Le soutien des enseignants de japonais en France

Par un courrier du 11 mai, Madame Yoko Ishii, Vice-présidente du CEJF (Comité pour l'enseignement du japonais en France) et Présidente de l'AEJF (Association des enseignants de japonais en France
), nous fait part des informations suivantes:

"Comme je vous l'ai indiqué (...) il y a déjà deux mois, nous avons créé en mars 2005 le CEJF qui a pour objectif de défendre et promouvoir l'enseignement du japonais dans le secondaire. Nous avons fixé trois objectifs : la rédaction de programmes de japonais en LV1, LV2, et LV3, la création d'un CAPES externe de japonais et la formation continue pour les professeurs de japonais. Le premier résultat concret et encourageant était la création des programmes de japonais  (paliers 1 et 2), reconnus et publiés par le MEN (Ministère de l'Education nationale) dont le palier 1 a été appliqué à partir de cette année (2007-2008)." 
"Le CEJF a la ferme intention de continuer à se manifester. Son action suivante est l'organisation d'un colloque intitulé "Le japonais, c'est possible : Etats généraux de l'enseignement du japonais en France", qui se tiendra le samedi 15 novembre 2008. Il a pour objet de dessiner un nouvel horizon pour l'enseignement du japonais en France à partir des différents aspects de la situation de 2008 et grâce à des exposés, des comptes rendus, des discussions et des conférences. Ce symposium ne s'adresse pas uniquement aux spécialistes de l'enseignement de la langue japonaise, mais à tous ceux qui s'interessent à la culture japonaise (entrée libre). Pour l'organisation de ce colloque, nous avons obtenu une subvention du MEN." 
"Il est vrai que la situation de l'enseignement du japonais dans le secondaire est dans un état plus qu'alarmant, alors qu'il y a beaucoup de jeunes désireux d'apprendre le japonais. C'est pour cela que nous agissons sans relâche. L'ambassade du Japon agit également auprès du MEN.  Est-ce que vous avez déjà écrit à l'Education nationale ou au ministre une lettre destinée à présenter la situation réelle et alarmante de l'enseignement du japonais dans le secondaire ? Si cela n'est pas encore fait, nous nous permettons de vous suggérer de le faire, au nom de votre association. Si nous menons nos efforts dans le même sens, nous aurons plus de chances d'aboutir à un résultat positif."

Nous avons déjà écrit à l'Inspection académique, au Conseil général du Val d'Oise, au Conseil régional d'Ile-de-France, sans aucune réponse, mais en effet nous n'avons pas encore écrit au ministre de l'Education nationale. Pouvons-nous conseiller à tous les parents, qui veulent s'assurer de la permanence du poste de japonais à Vauréal et de son développement sur un plein temps, d'écrire au Ministre, comme nous le propose Mme Ishii, afin que des postes soient créés ? le conseil local FCPE va faire de même.

L'appui et les contacts de l'AEJF et du CEJF nous donnent de l'optimisme pour l'avenir des études de nos enfants. Ils nous montrent aussi que les enseignants de japonais et que les universités de France (nous avons eu aussi, dès la première heure, l'appui de la directrice du
LEA anglo-japonais de l'Université Cergy-Pontoise) sont ouverts aux vocations des jeunes attirés par la langue, la culture du Japon et par des activités professionnelles en relation avec le Japon.

A suivre...

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